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20 septembre 2008

Une fiancée pas comme les autres (Lars and the real girl)

Un espoir inattendu dans le monde du celluloïde

A lire le résumé sur le programme du Festival de Deauville, « Lars and the real girl » (« Une fiancée pas comme les autres »), de 2007 et de Craig Gillespie, n'est pas le film le plus tentant qui soit. En quelques lignes, on se dit que ça va être une histoire de pervers plus ou moins sociopathe bourrée de psychanalyse à trois francs cinquante (on devrait dire à cinquante centimes d'euro maintenant, je suppose). Alors comment je me suis retrouvé dans cette salle ? Va savoir. Peut-être le vague sentiment de culpabilité de ne pas rentabiliser le pass festival hors de prix en séchant la séance. En tout cas je suis là, maintenant. Bah, au pire, si c'est trop casse-pied, je pourrai toujours piquer un petit roupillon. Allez mon gars, lance ton projo, qu'on voie ça d'un peu plus près !

Lars (Ryan Gosling) et son frère Gus Lindstrom (Paul Schneider) habitent leur maison d'enfance, Gus et sa femme Karin (Emily Mortimer) enceinte dans l'habitation principale, Lars dans le garage séparé qu'il a réaménagé. Ils ont été élevés par un père veuf depuis le décès de son épouse en mettant Lars au monde. Le caractère taciturne du père avait fait fuir Gus dès que possible, qui semble n'être revenu retrouver son frère et la maison qu'au décès du père. Lars travaille dans un bureau à proximité de celui d'une dénommée Margo (Kelli Garner) qu'il ne laisse visiblement pas indifférent. Lars est manifestement bien intégré dans leur petite ville malgré un caractère assez solitaire qui le pousse à même refuser la plupart des invitations de Karin à prendre quelques repas en famille. Ce comportement original semble prendre fin d'abord quand Lars reçoit la livraison inhabituelle d'une énorme caisse, puis quand il vient solliciter de Gus et Karin une invitation à dîner pour leur présenter Bianca, sa petite amie rencontrée sur internet, qui est venu le rejoindre. La surprise est grande quand chacun réalise que Lars leur présente une poupée gonflable grandeur nature qu'il considère comme une vraie personne. Ne sachant comment réagir, Gus et Karin entrent dans le jeu puis, prenant argument d'une probable fatigue due au décalage horaire, organisent une consultation pour Bianca chez le Dr Dagmar Berman (Patricia Clarkson), femme - médecin généraliste local également connue pour ses compétences de psychologue. En l'absence d'autre manifestation d'incohérence chez Lars, le Dr Berman propose un simple suivi régulier et de ne pas tenter de détromper Lars, qui ne se laisserait d'ailleurs pas convaincre. C'est d'ailleurs ce que vérifie rapidement Gus lors d'une tentative de secouer son frère qui semble ne même pas entendre les paroles de Gus. Suivant la prescription du Dr Berman pour venir en aide du mieux possible à Lars, et avec l'aide de toute la communauté mise au courant, d'abord étonnée, parfois réticente, puis finalement coopérante, tout le monde entre alors dans le jeu et se met à intégrer Bianca comme un nouveau membre. Et au lieu de l'hostilité attendue qui aurait pu le conduire à un internement, Lars devient pour la ville une espèce de doux dingue, conservant sa place dans la société, et protégé par elle.
Tout le reste du film montre alors le suivi de l'évolution de cette « liaison » entre Lars et Bianca, jusqu'à son terme. Comment dire la fraîcheur de ce film dont le sujet semblait pourtant le promettre à un traitement sur le mode du sinistre ? Nulle part il n'y est question de perversion quelconque. Juste d'un trouble qui atteint un être plus fragile et que le reste de la communauté tente d'aider du mieux qu'il peut. Il y est question d'entraide, de tolérance, de patience, d'amitié, d'affection. Le tout sans tomber dans la mièvrerie. Bien sûr, on se dit qu'il serait merveilleux, ce monde où chacun pourrait compter sur ses voisins ou ses proches dans une confiance respectueuse. Que tout ça n'est guère crédible. Qu'il y aura toujours quelque part quelqu'un qui cèdera aux mauvais penchants de la moquerie, de la violence, de l'égoïsme, de l'avidité, à la tentation de profiter d'une situation instable. Et alors ? Serait-il plus crédible, un monde qui ignorerait toute capacité d'entraide ? Qu'est-ce qui nous empêche d'imaginer le meilleur, quitte à devoir aussi affronter le pire avec un peu plus d'optimisme ?

Outre cette capacité de l'entourage, qu'en est-il du trouble de Lars. D'abord les difficultés de la communication quand elle en vient à devoir passer via un média inanimé de substitution. Ensuite les interactions qui malgré tout s'opèrent entre ce qu'il faut bien appeler un parcours délirant et la réalité qui l'entoure, qui s'y connecte, qui le fait évoluer, qui l'oriente, qui le fait réagir dans le sens de la meilleure protection pour celui qui s'y réfugie. Tous les délires sont-ils ainsi, je ne sais pas. Mais tous méritent à tout le moins qu'on s'interroge sur leur capacité à remplacer une réalité trop douloureuse par une pseudo-réalité plus protectrice, jusqu'à ce que des ressources nouvelles permettent à nouveau d'affronter le monde tel qu'il est. Car il s'agit bien pour Lars d'un parcours, d'un voyage au travers un hiver froid et sombre de sa vie, depuis les neiges du début du film jusqu'au printemps de la fin qui s'ouvre comme à une renaissance. Un parcours de régression au stade où les enfants jouent à la poupée, où ils leur parlent, les consolent, les habillent, les choient, les pleurent aussi parfois. Un stade où nul ne songerait à leur asséner que le Père Noël n'existe pas et que Margot n'est qu'un bout de plastic. On se fiche bien de savoir ce qu'ils peuvent bien lui raconter, à Margot, puisque c'est justement par cet objet transitionnel qu'ils accèdent progressivement à une maîtrise de la réalité.

Et la maîtrise est d'ailleurs bien ce qui manque à Lars et qu'il s'efforce d'obtenir. La maîtrise des ses émotions avant toute chose. La maîtrise de ce deuil jamais fait d'une mère morte en le mettant au monde, presque morte « de » l'avoir mis au monde, dont il ne se sépare jamais de la couverture qu'elle lui avait tricotée avant sa naissance et qui fait maintenant office de foulard permanent, du deuil aussi de ce père mort de la tristesse de la perte de sa femme. Double culpabilité sur de si frêles épaules. Maîtrise de la peur que ce cataclysme ne s'abatte maintenant sur cette belle-sœur enceinte, si maternelle à son égard, et qui manifeste déjà tant d'inquiétude pour lui alors que le terme approche. Mais la maîtrise aussi de cette frayeur du contact physique, de cette sensation de brûlure cutanée intense comme de cette sensation d'étouffement quand il survient. C'est tout cela que le Dr Berman encourage chacun à accepter en Lars, et à faire avancer au rythme qui lui est supportable vers un retour à l'âge adulte qu'il n'avait jamais atteint que physiquement.

C'est tout cela que le film encourage chacun à accepter en soi, cette impulsion à accepter en l'autre les failles qui le hantent comme on aimerait trouver l'acceptation que nos propres failles soient tolérées et prises en charges dans une douceur enfantine. Et pour nous dire tout ça, le plus étonnant est à quel point les acteurs et la mise en scène parviennent à rendre aussi vivant non seulement le personnage de Bianca mais aussi son corps inanimé. Au point qu'on finit presque par en oublier le caractère d'objet. Elle en devient presque expressive tant chacun s'est approprié sa présence et son rôle dans l'histoire.

Conte de Noël pour adulte, peut-être raison de tous ces noms nordiques chez les personnages principaux, conte de douceur dans un monde de brutes, baume de tendresse sur les plaies qui nous traversent, on finit par se dire que si le cinéma intello auteuriste parvient à sortir ainsi de son misérabilisme social, il y a peut-être un espoir inattendu dans le monde du celluloïde.
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Momma's man

Même s'il n'y avait que moi

Je sais que ce n'est pas la première fois que je dis ça, mais il arrive de temps à autre que même les a priori les plus rétifs soient déjoués par une réalité surprenante. En bon français : « j'ai beau me moquer des films d'auteur, je reste quand même de temps en temps comme deux ronds de flanc devant un film en particulier ». Et là, le Festival de Deauville ne m'a pas épargné avec un film de 2008 d'un dénommé Azazel Jacobs, « Momma's man ». Ca faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé de devoir me planquer dans un coin une demi-heure à la sortie d'un film, histoire de récupérer le contrôle de mes émotions. A la réflexion, je crois que je n'avais ressenti ça que pour « Cabale à Kaboul », pour d'autres raisons, mais c'est une autre histoire.

Pourtant, il n'y avait pas de quoi se méfier. Le programme annonçait « Momma's Man », un film d'un certain Azazel Jacobs, de 2008. Encore une histoire « Papa - Maman - j'gratte mes plaies - Aïe - J'ai mal » en perspective. Ambiance prise de tête, pour sûr.

D'ailleurs ça commençait tambour battant, avec un type dans un train de banlieue, filmé genre reportage pour le 13 heures de TF1 mais sans dialogue, engoncé dans une vieille doudoune et un bon cache-nez, jusqu'à son arrêt prévu à la station donnant accès à l'aéroport JFK à New-York, Il hésite puis, changement de plan, on retrouve Mickey (Matt Boren) à son retour surprise chez ses parents Mom (Flo et Ken Jacobs) sous prétexte que son avion était en surbooking. Maman et Papa sont évidemment contents d'avoir leur fils une journée de plus, lui qui était venu de Californie juste quelques jours pour son travail. Mickey téléphone chez lui pour prévenir sa femme, Laura (Dana Varon), de son retard et embrasser leur fils nouveau-né. De même, pour avertir à son travail.

Le lendemain, même contre-temps pour une raison aussi futile. De jour en jour, les mauvaises excuses s'accumulent, et tout est bon pour retarder le retour et s'incruster dans le cocon familial. Laura s'inquiète, laisse message sur message sur un répondeur qui ne répond plus, et se résout lentement à accepter l'aide de Tom (Richard Edson), un ami du couple. Pendant ce temps, les journées de Mickey sont occupées à replonger dans des vieux cartons de souvenirs d'adolescent, à se faire chouchouter par des parents de plus en plus intrigués, à tenter de reprendre contact avec des amis d'enfance ou de lycée, ce bon vieux Dante (Piero Arcilesi) qui sort juste de prison, ou la petite Bridget (Eleanor Hutchins) croisée en seconde. On sent bien que quelque chose est en train de craquer dans le monde de Mickey qui s'enfonce dans une régression de plus en plus marquée.

Si avec ça on n'est pas dans du cinéma d'auteur bien intimiste, je ne sais pas où on est. Mais la critique s'arrête là. Sauf aussi une petite lenteur à l'allumage, les choses mettant un peu de temps à s'installer. Encore que justement c'est peut-être aussi une des raisons du trouble : le retournement progressif, insidieux, sans qu'on puisse réellement en situer l'instant, d'une forme d'ennui vers une captation sécotinesque de l'attention, on dirait à un rapt de l'affect si on n'hésitait pas sur l'emphase dialectique (c'est-y pas beau, ça … ? ).

Blague à part, pendant un moment, on se demande quand ça va commencer, et puis soudain on réalise qu'on est en plein dans le film, qu'on a oublié de se poser la question, qu'on a même oublié qu'on se la posait et pourquoi on se la posait. On est Mickey, au fin fond de sa crise de la quarantaine comme d'autres sont dans leur crise de croissance, à ne plus savoir où on en est, entre l'adolescence passée et l'âge adulte inacceptable, la liberté protégée et le vide à venir, entre deux rives aussi inaccessibles l'une que l'autre, l'une parce qu'on s'en est trop éloignée, l'autre parce que son accès semble insurmontable. On est Mickey et il est nous, aussi complètement que si c'était notre propre vie qui était sur l'écran, ce même capharnaüm de sentiments dans le même capharnaüm de décor, ce vaste bazar d'objet empilés depuis des lustres, aussi inutiles que chargés d'images, de souvenirs, d'émotions.

Peut-être tout cela vient-il du choix de réalisation avec les propres parents du réalisateur dans le rôle des parents de Mickey, du lieu de tournage dans leur domicile réel, un loft de New York encombré d'une montagne d'objets hétéroclites laissant à peine assez de place pour circuler, pour se poser autour de la table avec en permanence l'impression qu'une pile ou une autre va s'effondrer dans un coin, avec même pas assez d'espace pour un lit qui doit être relégué sur une mezzanine, et où pourtant chaque chose a une place, chaque carton a un sens et un usage, contenant tout un pan de vie présente ou passée.

Peut-être cela tient-il à la douceur de ces parents, compréhensifs sans bien comprendre, sereins dans leur inquiétude, intrusifs dans leur respect.
Peut-être cela vient-il de ces incohérences de Mickey, qui veut une chose et son contraire, pas pour le plaisir, juste pour survivre, pour passer le cap, au point de passer à l'acte d'une tentative de suicide ratée et dérisoire par une chute dans l'escalier dont le sommet est décoré d'une plaque émaillée signalant « Exit », chute préparée par un siphonage en règle de la réserve d'alcool du loft.

Mickey ne sait pas, ne sait plus, ne sait plus rien, si ce n'est qu'il ne sait plus. Il se raccroche à ce qu'il peut, un carnet d'adresses, une vieille guitare, une esquisse de chanson griffonnée à quinze ans, un vieux copain finalement dans le même état même s'il ne le sait pas, ami d'enfance réel du réalisateur embauché pour l'occasion, des rues du passé qu'il ne reconnaît presque plus en sachant déjà que bientôt il ne les reconnaîtra plus du tout.

Mickey s'enfonce lentement dans un vide qui se creuse à chaque tentative de le combler. Il s'enfonce dans une régression qui ne veut pas s'avouer. Une régression qui finalement ne trouve sa résolution que sur les genoux d'une mère désarmée, qui a échoué par les seules voies qu'elle maîtrise pour restaurer un lien (« Je te prépare quelque chose ? Du thé ? Du café ? … Une soupe ? »), entre des bras étonnés dans lesquels les larmes peuvent enfin couler, emportant avec elles le doute et la frayeur. Non, plutôt évacuant la frayeur en faisant accepter le doute.

La mise en scène tout en simplicité, sans faux effet si ce n'est quelques désaxages un peu attendus dans la scène dans l'escalier, en camera portée pour l'essentiel mais sans jamais de ces trépidations qui fichent le tournis, n'abusant que rarement des gros plans, se veut manifestement descriptive. On est dans une veine de réalisme qui n'est pas sans évoquer certaines séquences de productions comme « Serpico ».

Les acteurs sont étonnants. Les seuls réellement expérimentés sont les seconds rôles, Bridget, Laura, Tom. Le seul visage un peu connu est celui de Tom (Richard Edson), pour quelques courtes apparitions. Flo et Ken Jacobs, dans une position très particulière de non professionnels, liés au réalisateur, tournant dans leur domicile, sont assez sidérants de réalité, de retenue, de simplicité et en même temps d'implication.

Que dire de plus sur les aspects techniques du film ? Pas grand chose, en fait, tant ils s'effacent devant le fond d'un sujet dont je ne sais finalement même plus s'il parle de quelqu'un d'autre que moi. Peut-être que finalement je serai le seul spectateur de ce film. Mais après tout, je m'en fiche complètement. Je sais au moins que j'ai un jumeau quelque part dans le vaste monde et que, même si après une demi-heure de récupération j'ai pu me remettre un peu du choc, je ne suis pas à la veille de digérer la révélation.
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The girl next door

La nausée en direct

Si dans tout bon festival il faut un parfum de scandale, le Festival de Deauville 2008 a trouvé le sien en présentant « The girl next door », de Gregory Wilson et datant de 2007. Le film est tiré d'un roman de Jack Ketchum réputé inadaptable à l'écran et basé sur des faits réels. Le réalisateur, présent en début de projection, justifie d'ailleurs le traîtement de ce sujet par la réalité dont il est issu, et par le projet de comprendre les ressorts de ses protagonistes dans un type d'affaire qu'il décrit comme affreusement banal aux Etats-Unis. Qu'on se le tienne pour dit …

Reste à s'enchaîner à son siège, à y mettre un solide cadenas, et à jeter très loin la clé pour ne pas être tenté de s'enfuir en cours de séance. Les quelques uns qui avaient oubliés de prendre cette précaution sont d'ailleurs sortis au fur et à mesure de l'épuisement de leur résistance, parfois en protestant de colère à haute voix, parfois en allant s'affaler en pleurs sur les marches une fois passée la porte de sortie. Voilà pour le contexte ; maintenant l'histoire. Dans une petite ville étatsunienne middle class de 1958, deux maisons voisines sont occupées l'une par les Moran, dont leur fils de 12 ans, David (enfant :Daniel Manche / adulte : William Atherton), et l'autre par les Chandler. Ruth Chandler (Blanche Baker) élève seule ses trois garçons, Willie (Graham Patrick Martin), Donny (Benjamin Ross Kaplan), et Ralphie (Austin Williams), depuis que leur père les a plantés là. Arrivent deux cousines des Chandler, Meg Loughlin (Blythe Auffarth) et sa plus jeune sœur Susan (Madeline Taylor), confiées à Ruth au décès accidentel de leurs parents. David fait la connaissance de Meg au bord de la rivière.

Rapidement, Ruth développe une animosité croissante contre ses nièces, en particulier contre Meg qui devient son souffre-douleur. Les choses, pour rapides qu'elles soient, ne surviennent cependant pas subitement, et on sent bien la tension monter sous des prétextes d'abord futiles puis de plus en plus artificiels, chez une femme rongée d'une colère contenue contre l'abandon de son mari, contre l'affection manifeste qui unissant les filles à leurs parents, contre la concurrence potentielle de féminité qui entre dans sa maison, … De souffre-douleur, cette animosité de plus en plus obsessionnelle enferme progressivement Meg dans un statut de victime expiatoire de sévices de plus en plus profonds dans lesquels Ruth entraîne non seulement ses propres enfants, mais jusqu'aux gamins du voisinage fascinés conviés à assister puis à participer à des séances de torture décrite dans toute son escalade.

Seul David garde un brin de lucidité qui le pousse à lancer quelques timides appels à l'aide auprès des autres adultes, en particulier de ses parents (Catherine Mary Stewart et Grant Show), mais appels d'une telle maladresse qu'ils restent incompris. Et quand l'insupportable le pousse malgré tout à la révolte qui aboutira à faire cesser ces atrocités, s'il parvient à arracher Susan à l'enfer, il est trop tard pour Meg qui succombe martyrisée. L'histoire qui commençait comme une chronique bucolique de l'Amérique de la fin des années 50, puis semblait tourner à celle d'une Cendrillon des temps modernes, prend finalement la voie du dérapage extrême dans une folie aux racines d'autant plus effrayantes qu'elles plongent dans la banalité. Rien n'est épargné, ni du mécanisme de construction et de mise en place de cette folie, ni de son passage à l'acte, ni de sa contagion. Même la recherche de la victime idéale est envisagée, le choix se portant finalement sur Meg alors qu'il semblait initialement se porter sur la plus faible, Susan, non seulement la plus jeune mais aussi porteuse des séquelles d'une poliomyélite qui lui entrave les jambes. Mais Susan était justement trop faible, presque sans révolte, alors que la révolte de Meg, son attitude protectrice de sa jeune sœur, en fait un adversaire d'autant plus intéressant à briser pour Ruth qui dispose de plus en Susan d'un otage offrant un point d'appui permettant de briser Meg physiquement tout en la baillonnant mentalement.

Est-ce devant la dureté du film que le réalisateur a senti la nécessité d'introduire une ébauche d'éclaircie en instillant une semi-morale tenant en une réplique deux fois répétée et affirmant que, quelles que soient les fautes, seuls les derniers actes comptent ? Réplique aussi bien dans la bouche de Meg pardonnant avant de mourir à David la lenteur de son intervention que dans celle de David adulte en forme de justification ultime permettant de survivre au sentiment de culpabilité ? Il fallait bien cela pour éviter d'en rester à une impression d'inutilité odieuse d'un tel film. Malgré cela, les réactions dans la salle, par la multiplication des sorties précipitées et par le mélange final d'applaudissements et de huées, témoignent de l'incompréhension de l'absurde se muant en incompréhension du projet même de porter l'absurde à l'écran avec ce réalisme, ce souci du détail, cette perversité.

Peut-être aussi de l'affolement qu'un tel sujet ait pu être tourné, faisant participer des enfants-acteurs sans autre protection annoncée, selon les termes du réalisateur, que leur sélection difficile avant d'en trouver de suffisamment « talentueux et braves pour assumer leurs rôles ».

Que dire de plus ? Je ne sais plus tant les mots manquent et tant l'esprit reste abasourdi même à distance de la fin de la projection. Et tant la nausée revient à la charge …
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Liste des films
(Titres originaux)

A ... L

  1. 10000, B.C.
  2. 12 angry men
  3. 1408
  4. Agathe Clery
  5. Alexander
  6. Aliens vs Predator - Requiem
  7. All God's children can dance
  8. Amateurs (Les)
  9. Angels in the outfield
  10. Appaloosa
  11. Architect (The)
  12. Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford (The)
  13. Assassination of Richard Nixon (The)
  14. Before the devil knows you’re dead
  15. Belle personne (La)
  16. Bienvenue chez les Ch'tis
  17. Big country (The)
  18. Black dahlia (The)
  19. Bourne ultimatum (The)
  20. Brothers Grimm (The)
  21. Cabale à Kaboul
  22. Charlie
  23. Charlie Wilson's war
  24. Cold souls
  25. Come early morning
  26. Crime (A)
  27. Da Vinci code (The)
  28. Death at a funeral
  29. Deux mondes (Les)
  30. Deuxième souffle (Le)
  31. District 9
  32. Dressed to kill
  33. Dunkirk
  34. Eldorado
  35. Elève libre
  36. Fantastic four
  37. Father's little dividend
  38. Find me guilty
  39. Fly away home
  40. Fountain (The)
  41. Funuke domo, kanashimi no ai wo misero
  42. Garbo talks
  43. Girl next door (The)
  44. Good heart (The)
  45. Goodbye, Mr Chips
  46. Grandes personnes (Les)
  47. Greatest show on earth (The)
  48. Happening (The)
  49. Hellboy II : The golden army
  50. Heartbreak kid (The)
  51. Hitler :The last ten days
  52. How the west was won
  53. I am a legend
  54. I inside (The)
  55. Idiots and angels
  56. In the valley of Elah
  57. Incuraveis
  58. Informant (The)
  59. Invisible invaders
  60. Island (The)
  61. Judgment at Nuremberg
  62. Just this once
  63. Keeping mum
  64. King of California
  65. Krrish
  66. Land of the Pharaohs
  67. Lars and the real girl
  68. League of extraordinary gentlemen (The)
  69. Libero
  70. Life before her eyes (The)
  71. Little children
  72. Little Miss Sunshine
  73. Little Lord Fauntleroy (The)
  74. Live !

M ... Z

  1. Man in the middle
  2. Man on the Eiffel Tower (The)
  3. Man who shot Liberty Valance (The)
  4. Marie-Octobre
  5. Messenger (The)
  6. Michael Clayton
  7. Mission to Mars
  8. Mogambo
  9. Momma's man
  10. Mon meilleur ennemi
  11. Mur à Jerusalem (Un)
  12. My Winnipeg
  13. Nanny McPhee
  14. Ne le dis à personne
  15. Never forever
  16. Nightmare alley
  17. Nochnoy dozor
  18. Nuovomondo
  19. One-eyed jacks
  20. Open road (The)
  21. Peter Ibbetson
  22. Pirates of the Carribean: Dead man's chest
  23. Plymouth adventure
  24. Precious
  25. Premier cri (Le)
  26. Pulse (The)
  27. Pur week-end
  28. Quantum of solace
  29. Rancho notorious
  30. Reader (The)
  31. Renegades
  32. Rising Caïn
  33. Rocky Balboa
  34. Romance of Rosy Ridge (The)
  35. Sanxia haoren
  36. Scarlet pimpernel (The)
  37. Secret défense
  38. Serpico
  39. Shi mian mai fu
  40. Shootist (The)
  41. Shrink
  42. Sidewalks of London - Saint Martin's lane
  43. Silence de la mer (Le)
  44. Simple wish (A)
  45. Spiderman 3
  46. Spirit (The)
  47. Stagecoach
  48. Suddenly
  49. Suddenly last summer
  50. Sunset boulevard
  51. Taking Woodstock
  52. Temps du Ghetto (Le)
  53. Tête de Maman (La)
  54. Things we do when we fall in love
  55. Three godfathers
  56. Time traveler's wife (The)
  57. Tony Manero
  58. Two rode together
  59. Underwater!
  60. Vieux de la vieille (Les)
  61. View from the top
  62. Vse umrut a ja ostanus
  63. Waitress
  64. War of worlds
  65. World's greatest dad
  66. Young Mr Lincoln

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Liste des films
(Titres français)

A ... L

  1. 10000
  2. 12 hommes en colère
  3. 7h58 ce samedi-là
  4. 4 fantastiques (Les)
  5. A la recherche de Garbo
  6. Allons donc, papa !
  7. Affaire Winston (L')
  8. Agathe Clery
  9. Alexandre
  10. Aliens vs Predator - Requiem
  11. All God's children can dance
  12. Amateurs (Les)
  13. Ange des maudits (L')
  14. Angels in the outfield
  15. Appaloosa
  16. Architect (The)
  17. Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (L')
  18. Assassinat de Richard Nixon (L')
  19. Au revoir Mr Chips
  20. Belle personne (La)
  21. Bienvenue chez les Ch'tis
  22. Cabale à Kaboul
  23. Capitaine sans loi
  24. Chambre 1408
  25. Charlatan (Le)
  26. Charlie
  27. Chevauchée fantastique (La)
  28. Cold souls
  29. Come early morning
  30. Conquête de l'ouest (La)
  31. Crime (A)
  32. Da Vinci code (The)
  33. Dahlia noir (Le)
  34. Dans la vallée d'Elah
  35. Dernier des géants (Le)
  36. Deux cavaliers (Les)
  37. Deux mondes (Les)
  38. Deuxième souffle (Le)
  39. District 9
  40. Dix derniers jours d'Hitler (Les)
  41. Dunkerque
  42. Eldorado
  43. Elève libre
  44. Envolée sauvage (L')
  45. Esprit de Caïn (L')
  46. Femmes de mes rêves (Les)
  47. Fiancée pas comme les autres (Une)
  48. Fils du désert (Le)
  49. Find me guilty
  50. Flic et rebelle
  51. Fountain (The)
  52. Frères Grimm (Les)
  53. Funuke show some love, you losers !
  54. Girl next door (The)
  55. Golden door
  56. Good heart (The)
  57. Grandes personnes (Les)
  58. Grands espaces (Les)
  59. Guerre des fées (La)
  60. Guerre des mondes (La)
  61. Guerre selon Charlie Wilson (La)
  62. Hellboy II : Les légions d'or maudites
  63. Heure du pardon (L')
  64. Homme de la Tour Eiffel (L')
  65. Homme qui tua Liberty Valance (L')
  66. Hors du temps
  67. Hôtesse à tout prix
  68. Idiots et des anges (Des)
  69. Ils mourront tous sauf moi
  70. Incurables
  71. Informant (The)
  72. Invisible invaders
  73. Island (The)
  74. Je dois tuer
  75. Je suis une légende
  76. Joyeuses funérailles
  77. Jugement à Nuremberg
  78. Just this once
  79. King of California
  80. Krrish
  81. Libero
  82. Ligue des gentlemen extraordinaires (La)
  83. Liseur (Le)
  84. Little children
  85. Little Miss Sunchine
  86. Live !


M ... Z

  1. Marie-Octobre
  2. Memories
  3. Messenger (The)
  4. Michael Clayton
  5. Mission to Mars
  6. Mogambo
  7. Momma's man
  8. Mon meilleur ennemi
  9. Mouron rouge (Le)
  10. Mur à Jerusalem (Un)
  11. Nanny McPhee
  12. Ne le dis à personne
  13. Never forever
  14. Night watch
  15. Open road (The)
  16. Peter Ibbetson
  17. Petit Lord Fauntleroy (Le)
  18. Phénomènes
  19. Pirates des Caraïbes : Le secret du coffre maudit
  20. Plus grand chapiteau du monde (Le)
  21. Precious
  22. Premier cri (Le)
  23. Pulse (The)
  24. Pulsions
  25. Pur week-end
  26. Quantum of solace
  27. Rocky Balboa
  28. Secret de famille
  29. Secret défense
  30. Secret des poignards volants (Le)
  31. Serpico
  32. Shrink
  33. Silence de la mer (Le)
  34. Soudain l'été dernier
  35. Spiderman 3
  36. Spirit (The)
  37. Still life
  38. Sunset boulevard
  39. Temps du Ghetto (Le)
  40. Terre des Pharaons (La)
  41. Tête de Maman (La)
  42. Things we do when we fall in love
  43. Tony Manero
  44. Vedettes du pavé
  45. Vengeance aux deux visages (La)
  46. Vengeance dans la peau (La)
  47. Vénus des mers chaudes (La)
  48. Vers sa destinée
  49. Vie devant ses yeux (La)
  50. Vieux de la vieille (Les)
  51. Waitress
  52. Winnipeg mon amour
  53. Woodstock Hotel
  54. World's greatest dad
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